Quel profil et mindset pour devenir un dirigeant désiré par les conseils d’administration ?  

Vous connaissez maintenant – ou peut-être pas – mon obsession : faire de vous le dirigeant le plus désiré par les conseils d’administration. C’est pour cela qu’avec mes collègues à H&C, nous organisons des Workshops, écrivons des livres et guides pratiques, développons des programmes de coaching et des outils pour faciliter la tâche des dirigeants. Même si cela peut paraitre parfois très compliqué, nous travaillons chaque jour à faciliter et simplifier la vie des dirigeants.

THE CEO LIFE MADE SIMPLE (SIMPLIFIER SA VIE DES DIRIGEANTS), c’est même un programme, un vaste programme que nous déployons pour aider les dirigeants à se faciliter la vie. Je crois que nous sommes allés trop loin sur le chemin pour nous arrêter.

L’une des choses que nous avons réussi à faire ces dernières années, c’est de fabriquer des dirigeants. Bien évidemment, les gens avaient leur potentiel et ce qu’il nous restait à faire c’est de les transformer, les élever, de les outiller et de les capaciter. C’est honorable, je crois et je suis fier d’être dans une aventure pareille avec mes collègues. Et comme cela n’aurait pas pu se faire sans vous. Je vous dis merci. Merci de votre confiance.

Une chose est de vouloir fabriquer des dirigeants, l’autre est de vouloir fabriquer des visionnaires.

Un jour, j’étais avec un visionnaire et je lui ai posé la question suivante : « Je ne comprends pas pourquoi vous comprenez si rapidement les choses, alors que l'on pourrait penser que vous êtes de la vieille école, tandis que lorsque j'explique, vos collaborateurs ne comprennent pas. » Il m’a répondu : « Moi, je n’ai pas eu la chance d’avoir des formateurs comme toi – peut-être que je suis né avec ! Sinon, je n’ai pas appris cela à l’école. C’est toi l’expert, tu dois savoir. Mais, je peux te dire que je n’ai pas appris cela à l’école ».

Si j’accepte que ce soit inné, c’est que je ne pourrai plus prétendre vouloir fabriquer des dirigeants visionnaires. Vous voyez ce que je veux dire ? Mais, j’ai retenu la partie de sa réponse où il a dit qu’il n’a pas eu la chance d’avoir des formateurs comme moi. Cette partie-là est intéressante et m’intéresse. Elle m’a révélé le devoir qui était le mien. Prendre des managers généraux et les transformer en des dirigeants visionnaires. Le projet est magnifique, n’est-ce pas ?

Mais, ceci n’est pas compliqué pour moi parce que j’ai la possibilité d’utiliser mon approche scientifique classique pour y arriver. J’ai commencé à me poser la question de savoir quel est le profil de dirigeant dont les conseils d’administration et les actionnaires ont besoin aujourd’hui. En y réfléchissant et en posant des questions à des administrateurs, j’ai compris qu’ils ont besoin de dirigeants visionnaires. Et ça, ça ne court pas les rues, on va dire !

Y a-t-il vraiment une pénurie de DG de profil « VISIONNAIRE » ?

L’un des administrateurs que j’ai rencontré qui a créé une chaine agroalimentaire de renom avant de la revendre m’a dit : « Tu sais, Hermann, il n’y a rien de plus désolant que de se retrouver en conseil d’administration avec un DG qui ne pense qu’à sauver son poste et ses bonus, et qui se sent obligé de mentir ou de dire des contre-vérités pour y parvenir. Ce qui est encore plus décevant, c’est quand ils viennent donner toutes sortes d’explications sur pourquoi ils n’ont pas atteint les objectifs. Ce qu’un conseil d’administration désire ardemment, c’est un dirigeant capable de délivrer plus qu’attendu ».

Je n’étais pas touché particulièrement parce que je comprenais parfaitement ce qu’il disait. Je suis un entrepreneur obsédé par l’idée de délivrer plus que prévu donc, je comprends ce qu’il voulait dire. Vous savez quel type de dirigeant arrive à délivrer plus qu’attendu ? Les dirigeants visionnaires.

Les dirigeants les plus appréciés par WALL STREET (les investisseurs) ont un pouvoir spécial que tout dirigeant doit développer. Ils ont l’habitude de « délivrer plus qu’attendu ». Je comprends que j’exagère quand j’en parle aussi facilement – peut-être. Le dirigeant visionnaire a l’obsession constante de délivrer plus que prévu. Nous sommes aujourd’hui le 3 juillet, je suis obsédé par l’obligation de délivrer plus que prévu. Ma tête surchauffe. Je ne sais pas pour vous. Si vous voulez faire partie des dirigeants les plus prisés, vous devez travailler et exiger de délivrer chaque année plus que prévu.

Peut-être que pour cela, il faudra se développer un nouveau profil de dirigeant. Et ceci débute par la fierté de contribuer fortement à laisser l’organisation que nous dirigeons dans un état meilleur que nous ne l’avons trouvé. Pour y arriver, il faut développer de nouvelles capacités aussi exigeantes que celles qui suivent :

Être celui qui sait comment ajouter de la valeur aux actions et répondre aux attentes des investisseurs et qui sait combien cela est mutuellement déterminant.

Pouvoir identifier les défis et enjeux et les porter responsablement sans venir avec des plaintes et des excuses.

Voir plus loin que les actionnaires et vouloir faire de leurs entreprises plus que ce qu’ils ont imaginé.

Faire de sorte que les gens voient clairement où vous voulez aller, comment vous comptez faire la différence et sont rassurés de vous suivre.

Les résultats et les perspectives confirment que vous pouvez faire le job et qu’on a bien fait de vous le confier. Vous délivrez plus qu’attendu par le Conseil d’Administration et les actionnaires (MORE THAN EXPECTED).

Je sais que nos efforts avant nos sessions de Conseil d’Administration se concentrent souvent beaucoup plus sur comment réussir à faire l’atterrissage qu’à délivrer plus qu'il n'est attendu. J’avoue que j’ai toujours été perturbé par cette affaire d’atterrissage qui fait qu’on en vient à s’accorder pour dire qu’on va finir à un niveau de performance inférieur à ce qui a été prévu plutôt que de s’accorder sur comment faire pour atteindre et dépasser les objectifs.

L’obsession de bâtir une grande entreprise durable et performante 

Je ne suis pas sûr que j’arrive toujours à atteindre mes objectifs de chiffre d’affaires et de résultat net et c’est peut-être pour cela que chaque année, je m’impose de travailler avec mes équipes à faire 100% de croissance et plus. Pour moi, le minimum qu’on puisse exiger de soi en termes de performance sinon, on devrait pouvoir multiplier le chiffre d’affaires d’une entreprise par 10 en 3 ans pour dire qu’on fait un excellent travail. La bonne nouvelle pour nous qui dirigeons des entreprises en Afrique par exemple, c’est qu’il y a de la place pour faire 10X (fois) en trois ans – puisque la plupart de nos marchés ne sont pas saturés à plus de 50%. Délivrer plus que prévu ! C’est ce qui nourrit l’engagement des dirigeants légendaires que nous connaissons comme Elon Musk, Jeff Bezos, Akio Morita, Tony Elumelu ou encore Satya Nadella, PDG de Microsoft. C’est quand on a envie de faire plus que prévu qu’on entre dans la dimension visionnaire.

Alors, comment faire le shift pour devenir un dirigeant visionnaire ? Développer la générosité visionnaire, se NOURRIR constamment de l’obsession de bâtir quelque chose qui profite aux autres au-delà du profit immédiat qu’on en tire ! C’est ce qui forge LA CONSCIENCE DE BÂTISSEURS ». Alors ? Avez-vous pris la décision de devenir un bâtisseur. Si oui, l’autre obsession que vous devez développer, c’est de délivrer chaque fois plus qu’attendu. Je ne parle pas ici de la manipulation pour baisser les objectifs et prétendre ensuite les avoir dépassés. Je parle d’exiger d’atteindre plus que nécessaire et de finir par délivrer plus que prévu.

De toutes les manières, si c’est trop demander, nous devons nous rappeler que lorsqu’on pilote une organisation, on se doit constamment de cocher les cases suivantes (et c’est d’ailleurs ce qui permet de délivrer plus que prévu, surtout lorsqu’on y met de l’obsession) :

Si vous parvenez à cocher ces cases, il ya plus que de fortes chances que vous délivriez plus qu’attendu par vos actionnaires. Pour y arriver, il est important de traiter les questions suivantes qui, lorsqu’on les déploie bien, permettent de délivrer plus qu’attendu par le Conseil :

Qu’est-ce que le BOARD attend de nous et quel plan devons-nous avoir pour au minimum le réaliser ?

Comment performons-nous par rapport aux attentes du Conseil d’Administration et quelles sont les optimisations rapides à opérer ?

Qu’est-ce que nous prétendons difficile à faire ? Qu’est-ce que nous ne nous challengeons pas à faire et qui fait que nous ne délivrons pas encore plus que prévu ?

Qu’est-ce que nous ne pouvons pas / plus nous permettre de ne pas faire ? Quels sont les potentiels et les opportunités que nous négligeons actuellement et que nous devons nous mettre à exploiter ?

Et si nous étions plus ambitieux et plus résilients que les actionnaires et les membres du conseil d’administration, si nous avions vraiment soif de grandeur, qu’est-ce que nous nous obligerions à faire et réaliser ?

La bonne nouvelle ici, c’est que normalement les ajustements opérés à la suite de la question 3 devraient permettre de délivrer les attentes du Conseil. Imaginez que vous traitiez les points 4 et 5 en plus ? Vous allez certainement et sûrement délivrer plus qu’attendu par le Conseil d’Administration. Et vous entrez dans la dimension VISIONNAIRE !

Par Hermann H. CAKPO

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