40% des talents de la génération Z n’ont pas besoin de travailler
Les chiffres que nous allons vous partager sur le profil et les attentes des talents et employés de la génération Z sont certainement frappant. Et ce sont les chiffres sur la situation réelle des employés de la génération Z en Afrique…suivant une étude et un baromètre de Marketym by H&C. Vous avez de plus en plus de collaborateurs de la génération Z ? Vous vous demandez quelle est la meilleure façon de les attirer, de les faire travailler et de les faire rester ? Il est important de faire attention aux chiffres suivants et ajuster éventuellement votre leadership model et votre approche managériale.
« Les jeunes d’aujourd’hui pensent que le lieu de travail est une maison de leur meilleur ami que ses parents lui ont léguée. Ils viennent quand ils veulent. La dernière fois nous avons recruté un nouvel assistant marketing. Sur un coup de tête, il a décidé de ne plus venir… » se plaignait un manager du capital humain lors de l’une de nos sessions sur le leadership model… La question n’est pas de savoir si l’attitude de ce « jeune assistant » est correcte ou pas mais de savoir quelle est la raison derrière une telle attitude. Et les chiffres suivants disent tout.
Le caractère devenu facultatif du besoin de travaille
Lorsque 40% des talents de la génération Z disent qu’ils n’ont pas besoin de travailler pour s’en sortir, cela peut bien paraitre paradoxal et incompréhensible…Mais il faut les écouter jusqu’au bout pour comprendre. « Vous savez combien ils me paient pour mon poste d’assistant malgré mon MBA ? 291.000 FCFA ? Savez-vous combien je gagnais en France avant de décider de rentrer ? 2.050 euros…En plus les conditions de travail sont terribles et « merdiques ». Mon père m’envoyait 3.000 euros lorsque j’étais en France et me donnent autant d’argent que je veux…Ai-je besoin vraiment de travailler ? », nous confie Yann, titulaire d’un MBA en UX Design…
Quand on lui pose la question de savoir pourquoi il a décidé de prendre le boulot ? Il répond : « J’ai décidé de quitter la France et la condition que ma mère a posée c’était que je prenne un boulot. J’y suis presqu’arrivé même si ce boulot me fait chier. Mais croyez-moi s’ils continuent de me faire chier, je vais devoir peut-être retourner en France ». La question est de savoir combien de parents disent pouvoir donner à leurs enfants de quoi ne pas avoir besoin de travailler ? 47%...
Plus de flexibilité au travail et plus de télétravail
« Vous savez quoi ? C’est vraiment dur de quitter Mbao tous les jours pour venir travailler à Dakar…Vous n’en avez aucune idée » confie un Abdou, développeur dans une entreprise de solution informatique à Dakar…Avant que sa compaire, Awa, 22 ans n’enchaine : « Vraiment il y a des jours où j’ai vraiment la flemme de venir travailler. Heureusement qu’on a droit à 8 jours de télétravail par jour. Je peux dormir tranquillement jusqu’à 8h40 et me mettre au travail à 9h plutôt que de devoir quitter la maison à 5h45 pour être sûr d’être à l’heure ».
Je ne sais pas combien d’entreprise offre du Télétravail à leurs collaborateurs mais 62% des talents de la nouvelle generation ne veulent pas avoir à travailler tous les jours. Et le témoignage de Awa est partagé par de plus en plus de jeunes. “Si je dois terminer une série et cela me prend jusqu’à 3h du matin, je ne peux pas me reveiller à 5h ! Ce n’est pas que je n’aime pas mon travail mais j’ai juste parfois besoin de destresser et Netflix est là pour ça. Maintenant, je ne voudrais pas aller au travail le lendemain. C’est tout. Je veux rester à la maison et travailler tranquilement. L’essentiel, c’est de rendre le travail demander non? Pourquoi se taper 5h d’embouteillage?” argumente Anne-Agnès qui travaille dans une start-up à Abidjan.
Plus de flexibilité au travail et plus de télétravail
Entendre ces arguments de la part des jeunes talents est certainement cyniques pour les gens de la génération Y et certains de la génération X. Mais n’allez pas penser que vous allez vous en sortir en les sermonnant ni en leur rappelant quelle est la meilleure façon de vivre et de se comporter en entreprise. Ils en ont eu marre des « sermons » de leurs parents et y ont échappé en voyageant ou en louant leur propre studio…Si vous vous permettez de jouer à Papa ou à Maman alors ils vont réagir comme vos enfants réagissent : « ils vont bouder tout simplement ».
En effet, 70% des talents de la generation Z ne veulent pas avoir à travailler avec leurs parents au travail. “J’ai tenu bon face à mes parents. J’étais heureux d’avoir eu le Bac et d’aller étudier au Maroc pendant 5 ans. Quand je suis rentré j’ai demandé à prendre mon propre appartement. Heureusement mon père a accepté. J’ai quitté mon avant-dernier emploi parce que la DRH se prenait pour ma mère. J’ai quitté…Sinon pourquoi vivre ce à quoi j’ai heureusement échappé il y a 8 ans?” questionne Cathérine, une employée béninoise de 26 ans qui occupe un poste de Talent Manager au Bénin.
Ils veulent gagnent 227% plus que ce qu’on leur proposent actuellement
Imaginez-vous? Les talents de la generation Z et des millennials s’attendent à une remuneration 3 fois plus élévé que ce que vous offrez. “J’ai acheté ma première maison en gagnent 750.000 FCFA et j’ai mis 21 ans pour atteindre 2 millions de salaire. Aujourd’hui tu reçois en entretien des jeunes qui n’ont même pas 5 ans d’expériences et ils veulent gagner 3 millions. Et ils ne font rien avec l’argent” se plaignaient un DG lors de l’un de nos workshops.
La vérité, c’est qu’il n’imagine pas à quel type de génération nous avons affaires. En effet, ils sont caractérisés par la recherche de la qualité de vie et des apparences de richesses. Ils savent qu’on n’a pas besoin d’avoir plus de 21 ans avant de faire la fête. Selon vous, quel était l’âge moyen des brouteurs qui pouvaient dépenser jusqu’à 10 millions FCFA dans une journée? 23 ans ! Et ce sont eux qui ont inspiré la nouvelle generation quant au minimum à dépenser un weekend. Du coup, à 25 ans, ils veulent gagner 2 millions FCFA et s’ils n’en trouvent pas, ils deviennent des influenceurs…Avec tout ce que cela suppose.
Par Hermann H. CAKPO